La vingtaine, les tounes dépressives de Lana pis les frenchkiss de milieu de dancefloor.

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 J’pense que 
le titre, ces simples mots, ça résume le tout. C’est comme si on se préoccupait de rien, par manque d’intérêt et de volonté. Être célibataire, c’est bien. On apprend réellement à apprécier ce qu’on a quand on est seule. La tranquillité d’esprit, la liberté et la simplicité. Cependant, dormir en cuillère pis aller magasiner au ikea, c’est des affaires qui se font bien mieux à deux.

Pas plus tard que l’an dernier, je prônais à quel point l’idée d’être en couple me dégoutais. Si les mots je t’aime étaient prononcés pas trop loin de moi, je sortais mon OFF prête à tuer l’existence de tout romantisme. Y’a fallu moins d’un an pour me faire voir la chose différemment. Parce qu’à force de se foutre de tout, on fini par réellement passer à côté de certaines opportunités. Les opportunités qui rendent heureux, celles qui nous font sourire. C’est c’qui m’est arrivé. J’avais tellement la tête dans le sable, que j’ai été incapable de m’occuper d’accorder de l’attention à une seule personne. J’avais peur de m’attacher, d’être blessée, d’être rejetée. Pourtant, y’avait bel et bien quelque chose. C’était là, ça demandait juste à être pris en considération.

Chose que j’ai pas faite. J’ai préférée me dire que être in love c’était trop pas tendance l’été, qu’il valait bien mieux continuer à faire la folle dans les bars pis bécoter sans aucuns regrets le lendemain. Je vulgarise le tout, mais quand j’y repense, cette réflexion merdique était quand même vraie à ce moment là. Après ça, le beau moment est passé. T’as manquer ton coup ma belle. Tu restes là, avec des sentiments insatisfaits. Mais y’est trop tard pour faire quoi que ce soit, parce que t’avais ta chance, pis t’as passée ton tour. À notre âge, c’est comme si les relations amoureuses étaient devenues mythes. C’est quelque chose qu’on voit de moins en moins. C’est en voie d’extinction. À notre âge, quand on vit quelque chose, on le vit profondément.  On crée les plus grands drames, avec des mots toujours bien mâchés. On est là, à mal gérer le tout, tant que ça ressemble à un chef-d’œuvre. Tant que ça soit beau de l’extérieur et que ça fasse jaser.

À notre âge on s’dit toujours qu’on vit pleinement, question de pas perdre la map à la quarantaine. J’ai tellement entendu cette justification que j’ai presque hâte d’avoir 40 ans, question de voir quel genre de malheur va me tomber d’su. La grande fausse-dépression de la vingtaine est simplement due au fait qu’on évolue comme de la merde. On prend pas le temps de bâtir des vraies relations, des vrais contacts. On crée seulement des relations de surface. On préfère le physique que le mental. On troque nos principes pour avoir du fun, fun qui fini par s’estomper. On s’pitch sur n’importe quoi, quitte à devoir recommencer encore et encore. On ne se livre plus aux conversations profondes, on préfère plonger nos yeux dans les poses de yoga ben à mode que la nouvelle instababe de la semaine vient de poster. Personne ose avoir les vraies jasettes, celles qui nous mettent à nu. Les grandes paroles qui nous devinent, au plus profond de qui on est vraiment. Pis là, quand on réalise le foutoir dans lequel on est, on repart la roue. On va sur TinderSwipe Swipe Swipe. T’as pas trouver l’homme de ta vie. Parce que finalement t’es tellement découragée que tu sais pas de quel façon y va te tomber dans face. Plus d’intérêt, tu te tannes. Delete Tinder. Puis la un samedi soir, deux verres de rouge dans le nez, manque d’attention et boom. Swipe Swipe Swipe. Le petit match te donne l’attention nécessaire pour te rapeller que dans le fond t’es cute. Mais l’essentiel là dedans c’est pas juste d’être cute, c’est aussi d’avoir quelque chose à offrir de plus.

On passe à côté de beaucoup de chose parce que c’est ça qui est rendu normal en 2015. C’est d’avoir 23 ans et aucune stabilité émotionnelle. On est les pires, en étant des enfants-rois qui ont tout cuit dans la bouche. On a tout et on en désire toujours encore plus. Incapables de se satisfaire, se disant qu’il y a toujours quelque chose de plus intéressant qui va s’offrir à nous. J’ignore si éventuellement, on va commencer à corriger notre façon de faire. Pour ma part, plus je vieillis, plus j’ai simplement le goût me cacher dans ma boîte à souvenirs, là où les histoires d’amour commençaient sur des petites lettres de papier avec des cases à cocher.

 

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