Ma maman à moi, est malade.

Souvent, j’ai bien tant que mal, voulu transformer ces simples mots. J’ai voulu les dire d’une autre façon, j’ai voulu les rendre plus légers, moins lourds. Cependant, avec du recul j’me rend bien compte que leur signification reste la même. Ma maman à moi, est malade. Malgré tout mon acharnement, comme on dit, ça fini parfois par t’exploser dans face.

Certains savent, d’autres non. J’ai une vie que j’expose assez, je peux pas m’en cacher. J’ai taillé ma place dans les médias sociaux depuis plus de 3 ans. Des coups de coeur maquillage à mes tenues préférées, jusqu’à mes bons coups au boulot et les moins bonnes nouvelles, généralement, tout finissait par se savoir. Il y a deux ans, quand on m’a apprit qu’elle avait le cancer du sein, j’ai eu peur. J’étais effrayée. J’me sentais comme dans ces annonces qu’on voit à la tv. Tsé celle que les gens revolent dans le décor, alors qu’ils se retrouve devant la triste annonce de leur proche. J’vous l’dit, c’était le même sentiment. Par contre, Maman était positive, le cancer du sein au 21e siècle, c’est presqu’à mode. Pleins de femmes ont ça, pis elles s’en sortent.

 

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Depuis le jour où j’ai appris qu’elle était malade, j’ai changé. J’ai lu quelque part que la douleur change les gens. J’étais autrefois, une pleurnicharde. J’te pleurais ça à rien. Ou dans le cas contraire, j’étais super bonne pour absorber les larmes d’une amie en peine. Aussi efficace que le dernier Scott Towel sorti sur le marché. Maintenant, je pleure rarement, et j’ai du mal à consoler. Je reste légèrement froide, ne sachant pas trop quoi faire, ni où me placer. Avec le temps, j’ai appris à contrôler mes émotions sur une situation dont je n’avais aucun contrôle. Et par dessus tout, jm’empêche de pleurer devant elle. J’ai pas l’droit, parce que j’dois rester forte pour elle. Sa fille sera toujours son plus grand pilier, malgré notre relation houleuse et nos astinages dans la cuisine.

Ma maman a un cancer, mais ça fait pas d’elle celle qu’elle est. C’est quelque chose qui s’est glissé en elle, pis qui malheureusement, ne partira jamais. Elle aura beau avoir ben essayé, on lui avait dit qu’il lui restait seulement 18 mois d’espérance de vie. La première fois que j’ai entendu ce décompte là, j’ai touché le fond. J’ai coulé à pic. J’me suis fait ramasser à la petite cuillère, par dieu merci, mes amis. J’ai fait, pour la première fois de ma vie, une crise d’anxiété, après avoir annoncé la nouvelle en vrai, dans une longue caption sous une photo Instagram. C’est dans mon lit, couchée en petite boulette, sous des dizaines de textos et d’appels manqués, la face trempée, à me faire jouer dans les cheveux par mon amie, que j’ai réussie à retrouver le calme. J’étais terrifiée face aux réactions. J’avais pas envie de dealer avec les 500 questions que te posent tous ces gens, lorsqu’ils sont normalement affolés par une nouvelle comme ça. J’avais pas envie et j’me sentais surtout pas assez forte.

Ça fait maintenant 21 mois. Elle toujours là et c’est toujours pas facile. Parce que comme j’ai déjà dit, est-ce que je dois me compter chanceuse de toujours l’avoir ou craindre le risque de la perdre bientôt. Ce soir, on a eu une mauvaise nouvelle. Parce qu’on dirait que la maladie, quand ça commence, ça vient comme un package deal. Ça te fait sortir pleins de monstres, un peu partout. Des trucs qui étaient à la base, pas nécessairement planifiés à venir avec ton cancer initial. Comme si c’était pas assez. Encore là, j’ai laissé seulement qu’une larme couler sur mon visage, et j’ai serré ma petite mom dans mes bras.

J’écris tout ça, parce que ça me fait du bien. J’avais besoin d’en parler, et j’trouvais qu’ici c’était le meilleur moyen. J’ai jamais été pour le beurrage de drames sur les réseaux sociaux, et cela restera ainsi. Mes amies les plus proches, m’entendent rarement parler de Maman et sa santé. C’est plutôt de ses nouveaux tableaux dont on va jaser, ou des derniers conseils amoureux douteux qu’elle m’a donner. J’ai toujours cru bon de vivre la vie, comme si seulement, celle-ci continuait. Si on est pour s’empêcher d’être qui l’on est, à dramatiser sans cesse, comment serait-elle sensée se sentir vivante et rassurée.

Vous me voyez souvent, à travers mes selfies, toute souriante. Vous m’entendez souvent parler de grands projets. Vous m’entendez exprimer mes plus grandes fiertés et pousser mon ambition à son top. Vous me voyez faire la fête, danser et rire. Mais cette partie triste, ça fait tout autant partie de moi. Comme quoi les réseaux sociaux, c’est bon pour exposer vraiment juste cqu’on désire, c’est vrai. J’ai jamais eu l’intention de faire comme si tout allait bien, seulement, la vie se compose de hauts et de bas. Ces temps-ci, j’ai l’impression qu’elle m’a beaucoup récompensée, mais qu’elle devait balancée les choses en me crissant une bonne claque sur la gueule. J’suis désolée, j’ai même sacré. On trouve toujours une façon à nous de faire sortir le mauvais. Moi j’ai décider d’écrire.
Elle s’y connaît pas en ordinateur, alors s’il vous plaît, ne lui parlez pas de ce texte.

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