Entreprendre : du baloney aux internets.

Tu sais, j’aime les avocats, les sushis, dormir avec une jambe qui sort des draps, chanter du gros rap même si je connais seulement que 10% des paroles, porter des robes, me beurrer la face de maquillage, mais aussi pas en porter du tout. Tu sais, peut-être que toi, t’es parmi la grande gang de monde qui me connaissent. J’ai une grande gueule, je prends de la place et j’aime ça. J’suis comme ça. C’qui est drôle, c’est que t’as l’impression de savoir qui j’suis depuis plusieurs années. Une bonne vieille chum de fille, que tu côtoies depuis un bout d’temps. Tout ça, grâce aux internets.

Tsé, j’ai pas toujours fait ce que je fais maintenant. J’ai eu plusieurs petits boulots. J’ai tranché du baloney dans une épicerie, où j’y ai aussi coupé des baguettes de pain, j’ai animé des foules sur une plage municipale, etc. Pis un moment donné, j’me suis inscrite au cégep en arts plastiques et au bout de 3 échecs en français 1, on m’a mis à la porte de tous les établissements scolaires du Québec, pour la durée d’un an. C’est comme ça que ça fonctionnait quand tu t’plantais trop souvent. En passant, j’étais une bonne étudiante au secondaire, cependant, le côté social du cégep a pris de dessus, et j’ai jamais vraiment compris pourquoi moi, je devais savoir comment Molière se sentait quand il voyait le vent et courrait sur le son, pas loin des fables de Lafontaine. Tu comprendras que, çô, c’était pas pour moi. Au lieu de m’apitoyer sur mon sort, et d’annoncer la déchirante nouvelle à mes parents, j’me suis lancé d’aplomb avec un nouveau plan. Maman, papa, j’irai au collège privé, faire un cour en maquillage, à l’automne prochain. 6 mois à travailler temps plein, un changement de parcours approuvé par la famille et un saut dans la grande ville. J’ai tripé, j’ai déniché un emploi en tant que cosméticienne, j’ai beaucoup appris et j’ai grandi.

petit aperçu d'un travail final pour mon portfolio - 2011
petit aperçu d’un travail final pour mon portfolio – 2011

Plusieurs dirons qu’avoir fait un cours comme j’ai fait, est d’une impertinence totale. J’avoue que se beurrer la face, à longueur de journée, pendant une période de trois mois, pour certains, ça sonne boboche. Sauf que pour moi, c’était bien parfait. J’avais besoin de vivre autre chose, j’avais besoin de faire quelque chose qui m’allumerait et surtout, j’avais besoin d’me prouver quelque chose. J’ai mixé mon amour des cosmétiques et de l’écriture, puis Classy Lipstick est né.

Depuis que j’suis jeune, je me répète toujours la même affaire. Peu importe mon chemin, j’vais réussir à le tracer. J’avais tenté de rassurer ma mère de même kek’ fois. Quand j’ai commencé à obtenir des boulots plus sérieux, comme quand j’ai monté le département Social Media & PR chez Baronesse, j’étais fière d’y montrer que j’avais finalement réussi à me tailler un chemin à travers toutes les options qui s’étaient offertes à moi. Et en plus de tout ça, mon blog commençait à prendre de plus en plus de temps et plus en plus d’ampleur. Mon lancement web m’a confirmé, l’an dernier, que j’ai pris les bonnes décisions et que m’enlever les doigts dans le nez, avait valu la peine. Oui j’ai braillé quand ma soirée dans le vieux-port, a figuré dans le nightlife le lendemain matin. Pis oui j’ai braillé quand on m’a invité à Toronto en AVION, premier vol à vie. C’est ces petites choses là, qui sont les grandes choses pour moi.

via giphy.com
via giphy.com

Depuis c’temps là, tous ont su que je me suis planté au printemps. Perdre un emploi que je considérais comme LA job de ma vie. Le gros salaire pis toute le kit qui vient avec. Moi pis ma mini dépression je-me-trouve-loser-netflix-divan, on a décidé qu’on allait se relever plus fort. C’est le coup de pied au cul que j’avais besoin. J’ai finalement décidé que j’allais être mon propre patron et que j’allais m’investir à 100% dans c’qui me passionne vraiment. Donner du temps et de l’amour à mon blog ainsi qu’à tout ce qui l’entoure. Pis finalement, réaliser un petit rêve que je cajolais depuis un bout. Me lancer en affaires et voler de mes propres ailes. 13942359_10154469730233338_1480002741_n

Faque j’ai décidé que j’allais faire ce que je fais le mieux ; gérer des communautés web, créer du contenu et organiser des liens entre les compagnies et les influenceurs web ayant le plus de potentiel d’amener du succès à mes clients. Je peux maintenant dire que j’me suis enregistré en tant que travailleur autonome, que j’ai une vingtaine de clients déjà, et que j’sens enfin que je suis là où je devais être. Je travaille de la maison, je crée mon propre horraire ( première fois que je suis bronzée de toute ma vie #summersixteen ) , j’accepte les contrats que je veux, et surtout, j’fais tout ça, avec passion. Ah pis à l’automne, je vais mettre les bouchées doubles, focuser mon énergie afin que ce projet prenne encore plus de place. Parce que je crois en moi, je crois aux petites entreprises, à leur succès et au notre.

En région, c’est dure de faire quelque chose de différent. Des commentaires, j’en ai eu des pas pires. Genre le monde qui pense que travailler de la maison, c’est pas réellement travailler. Genre le monde qui pense que les médias sociaux c’est un coup de vent qui ne durera pas. Genre le monde qui préfère dire qu’ils ont hâte que je me plante, plutôt que d’avoir hâte de voir jusqu’où mon ambition peut aller. Vous autres, vous m’faite ben plaisir, parce que vous m’amenez réellement à me dépasser. 13887080_1262427987141742_5074682674693750731_nGardez votre énergie pour vos projets, réalisez-les, vivez heureux et confiants de votre succès. C’est pas à personne de vous dire que vos rêves sont trop grands ou irréalistes. Si j’avais pas cru un peu en moi pis en c’que j’pouvais faire sur les internets, j’pourrais pas vivre de vous partager mon amour des avocats pis gérer des belles affaires. MERCI.

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