« J’ai hâte que tu t’cases »

« J’ai hâte que tu t’cases » m’a dit ma mère, le nez dans ses publi-sacs, à travers la cuisine familiale y’a environ 3 jours. Ma face déconcertée l’a regardé un peu d’travers, en marmonnant qu’on avait hâte aux mêmes affaires. Le tout, pendant que j’me sliçais un bout de p’ti québec, lors de mon subtile passage dans sa cuisine.

Tsé, le célibat c’est nice. Les premiers mois, on braille un peu. On s’sent donc toute seule. Jusqu’à l’été, où finalement, tu t’sens mieux. Le soleil te donne les vitamines qui faut, t’as les hormones dans le tapis, 3-4 coronas pis la vie est belle. Tu maintiens le speech que t’es bien pendant une bonne année et demi. Pis là, tu commences à t’forcer pour accepter des dates. L’intérêt de rencontrer quelqu’un est là, mais c’est jamais le bon. Pas assez d’drive. Trop petit. Parle trop d’lui. Trop après toi. Pas assez après toi. Ces excuses là, oui j’les connais. Par coeur même. Pour pas dire d’les avoir déjà dites moi-même. C’est poche, mais c’est ça. Faque là, tu continues dans ton célibat, en t’disant que t’es pas encore prête.

J’mentirais si j’disais pas vouloir ça. J’ai hâte de lever le pied d’sa pédale, de slaquer les sorties du jeudi pis les snapchats de moi qui a définitivement un verre de rosé d’trop dans le nez. J’mentirais si j’disais que d’dormir seule c’est vraiment la chose la plus nice à faire dans un lit queen. C’est juste correct. Tu t’fais pas voler d’couvertes, pis tu t’fais pas juger pour ronfler ou baver sur l’oreiller.

J’ai hâte de me caser, pis j’ai pas envie que ce soit n’importe qui. À 24 ans, j’ai pas envie d’amener un gars qui sera présent à un seul Noël. J’ai envie d’rencontrer quelqu’un avec qui j’vais partager plus que du fun en d’sous des draps. Quelqu’un avec qui on va avoir pleins de points communs. Quelqu’un qui va trouver ça cute quand y va m’voir la tête à l’envers sur mon divan, les pieds sur le mur, en train d’écouter l’nouvel album que j’attendais tant. Quelqu’un qui va vouloir apprivoiser ma solitude, pis tranquillement la faire disparaitre. Tsé, j’ai pas envie d’une amourette de récréation. Quelque chose de l’fun, banal, répétitif, qui passe le temps d’un pet. J’ai envie d’autre chose.

J’ai envie d’aller à plein d’dates, avec la même personne. Pis j’ai hâte aussi de pas m’poser de questions. J’le texte tu – J’le texte tu pas. J’ai hâte qui m’raconte que y’a eu une grosse journée au boulot, étant la raison de sa corne sur ses pouces, et non pas parce qu’il a swipé tinder toute la veillée, pendant que j’dormais sul’ sofa. J’ai hâte de quelqu’un qui va vouloir rester pogné avec moi, dans ma petite simplicité, pis qui saura se satisfaire de ça. De l’entièreté d’une personne. Juste une.

Avoir hâte à ben des affaires, mais laisser le temps faire les choses. J’pense que même si j’étais assise sur le top d’une montagne à envoyer des signes de boucane disant que j’suis prête à tout ça, ça accélérait pas le processus. Be good and let the good come to you.

signature

Comments

comments