Anxieuse.

Y’a beaucoup de monde qui dise me connaître, mais pas beaucoup qui le font réellement. C’est facile de percevoir quelqu’un de loin et de laisser s’accroire qu’on sait tout de lui. Ici, c’est l’accès facile à ma vie. Une partie de ma vie privée, étendue au milieu de la rue passante, avec trois-quatres rouges à lèvres préférés pis des cutex couleurs d’automne aussi à mode que le filter de papillons jaunes.

Tsé, j’suis assez une bonne personne. Du moins, j’pense. Dans mes bonnes journées, j’me botte les  fesses à faire ce que j’aime, j’essaie d’accorder beaucoup de temps à mon entourage adoré, j’essaie de prendre des résolutions pour certaines choses, j’admets mes torts et j’avance. J’cuisine, j’écris, je lis, j’me promène. Au fond d’moi-même, j’ai toujours voulu être une bonne personne. Même si des fois je m’y suis mal prise, en tentant d’être trop partout, sans être vraiment là, j’ai quand même essayé de faire du mieux que je pouvais, parce qu’à la fin, on parle toujours des bonnes personnes avec un agréable souvenir.

f961fc29a54867e3706272e313d7d2dcSouvent, j’suis grincheuse le matin. J’parle aussi comme un truck d’temps-en-temps pis j’peux sortir les pires pickup line à un gars au bar. J’ai rarement de la patience, j’en avais mais je l’ai perdu en cours de route. Je sais pas où a traine, mais ce serait bien d’en ravoir au moins le quart. J’aime faire la fête, j’aime mes petits moments d’ivresse. J’aime les dimanches matins de pluie. J’haïs le soleil quand je l’ai din yeux. Desfois, j’vais dans des endroits bondés, où j’ai pas envie de parler aux gens. J’ai juste envie d’parler à la personne qui m’accompagne, sans avoir besoin de demander comment un tel ou une telle va. Les petits riens anodins des connaissances de bar ont tendance à m’saouler plus que tout c’qui traîne derrière le bar. Pas que j’suis hypocrite quand je prends la peine de demander des nouvelles, pas du tout. Seulement y’a des moments pour ça, et d’autres non. Pis dieu sait que toute’ me paraît dans face. Ça c’est mes petits moins bons côtés.

crédit photo : création janie fréchette
crédit photo : création janie fréchette

Desfois y’a pire. Y’a des journées où j’pogne la chienne. Je panique, j’ai peur, j’étouffe. Pis dans ces moments là, ça arrive pour je ne sais quelle raison, pis en bout d’ligne j’espère que personne ne sera au courant. Ces journées là sont rares. 3 fois dans la dernière année. Pis maintenant, j’suis capable de mettre un mot la-dessus. Je fais des crises d’anxiété, pis c’est çô.

J’ai longtemps jugé les gens qui avait ce genre de truc. J’avais déjà vu une fille à l’école éclater pour absolument aucune raison. Une panique instantanée. J’pensais que ça se passait dans la tête, que c’était à force de trop penser, on finissait par étouffer. Dans mon cas, ça a commencé quand j’ai trop gardé tout pour moi quand j’ai appris que Maman était malade. C’était comme trop, pour ma petite personne. Tout a fini par fissurer, exploser et finalement, s’exposer à la lumière du jour. Ces temps-ci, j’ai à prendre de grosses décisions, et la peur de décevoir les gens autour de moi m’affecte plus que je ne le croyais. La peur de ne pas avoir leur accord. Pis ici, j’arrive à le dire, parce que je regarde directement mes propres mots à moi, qui ne peuvent pas me juger. Au contraire, je les trouve réconfortants et rassurants. Ils sont ici, au lieu d’être pognés ent’dans.

En étant consciente que ça m’arrive, je sais maintenant quoi faire. Je sais aussi surtout que faut peut-être en parler quand on sait pas sur quoi mettre le doigt, quand quelque chose ne va pas, pis que ça nous ronge l’intérieur.

J’suis pas médecin, ni psy, cependant, pour certaines et certains, j’suis comme une amie de longue date. Pis desfois, c’est juste rassurant d’se faire dire qu’on est pas les seuls à avoir des mauvaises journées en étant des bonnes personnes.

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