Daddy’s girl.

Il fut un temps où ma mère était ma meilleure amie. J’ai des souvenirs de quand j’étais jeune, on jouait au badminton ensemble, on peignait ensemble, on faisait tout ensemble. Puis l’adolescence arrive, les chicanes de femmes et nous voilà qu’on s’éloigne un peu. À travers tout ça, et les épreuves que la vie nous a amené, notre vie de famille s’est un peu embobinée. Les fous rires moins présents, le rythme de vie accéléré, on croirait qu’on s’est oublié un peu. Quand j’entrais dans la vingtaine, j’me rappelle avoir réalisé un switch qui s’était fait sans réellement que jm’en rende compte. J’étais devenue une fille à papa.  15644535_10154918877663338_529025170_n

J’dois vous mentionner que mon père est un de ces grands monsieurs qu’on ose pas trop approcher. Du haut de sa grande carrure imposante, lui laissant un air de Hagrid semi homme – semi ours, on peut avoir plaisir de percevoir son caractère marabout à 60% du temps ou son caractère de Winnie l’ourson qui surgit pour le reste du temps. L’affaire c’est que j’ai toujours su que Papa serait là pour moi, mais de son grand manque de communication, on s’est jamais tiré des Je t’aime aux secondes, pis on s’est fait des calleux quand c’était le temps ( aux fêtes – à mon diplôme – mes réussites professionnelles – aux moments importants comme à la mort de ma grand-mère
Thérèse ). Vous comprendrez que beurrer épais pour rien, c’était pas nous. Pis là, y fut un moment où j’ai senti qu’il avait pris un petit coup de vieux. Quand je suis partie pour Paris en Novembre dernier, il m’a serré dans ses bras comme si j’partais pour la vie. J’ai eu droit à des FaceTime anodins pendant mon séjour de 10 jours et à des petits textos pour être sure qu’entre la Tour Eiffel et les macarons, j’allais bien. Mon père m’a même lâché un ” Sois prudente, je t’aime. “. Pis quand j’suis revenue, j’ai eu le droit à une étreinte digne des films pères-filles les plus célèbres du genre ” T’es revenue, j’te lâche plus.” Pour une première fois, il a comme vu que sa fille était capable d’être au loin, hors de sa portée, hors tout signal 3g régulier, pis drôlement, j’pense que ça l’a shaké un brin.15682702_10154918877883338_1313071284_n

Avec le temps, je réalise que toutes relations changent. Celles-ci s’adoucissent, s’apprivoisent, grandissent. Drôlement, j’me suis retrouvé à le constater par moi-même. Dernièrement Papa s’est fait remplacer un morceau dans l’épaule, ils l’ont gardé à l’hôpital plus longtemps que prévu et ça m’a fait paniquer. Avoir son père comme image de pilier familial, c’est se sentir perdre tout contrôle quand quelque chose lui arrive. capture-decran-2016-12-21-a-16-08-59

J’ai eu don de son impatience, de sa facilité à rire des choses stupides. Il m’a trainé à la pêche quand j’étais petite, on s’est souvent lancé de l’eau à table pour faire pogner les nerfs à maman, il m’a enseigné l’importance d’avoir de l’argent devant soi comme moi je lui ai appris à faire du FaceTime ou encore à envoyer des émoticones * le coeur mauve, son préf * . C’est ces petites affaires là qui m’font sourire quand j’pense à nous, des petites affaires qui importent. signature

 

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