Chérissez c’que vous avez.

J’pensais pas vivre un temps des fêtes qui me rentrerait dedans comme ça. Du moins, c’était pas l’idée que j’avais eu quand j’avais salué l’arrivée d’Décembre. J’ai vécu un temps des fêtes bof, un peu gris et un peu froid. L’impression que j’ai eu de ces derniers jours qui viennent de passer ; jl’ai trouvé rough pis j’ai bu comme un trou.

J’ai entendu du monde se plaindre du nombre de party de familles qu’ils ont eu cette année, du nombre de co-voiturage en famille qu’ils ont du supporter entre Montréal et les petites régions éloignées, du nombre de cadeaux qu’ils devaient offrir à leur entourage. J’ai entendu ces commentaires, sans trop porter attention, en m’disant que certains avaient un paquet d’obligations due à leurs grosses familles et que pour ma part, les fêtes familiales n’étaient pas du tout la même chose.

Voyez-vous, quand j’étais petite on les fesait tous. Des partys de la famille proche aux pit stop chez mononcle René pour y voler 3-4 carré de sucre à crème, on passait quelques jours sa trotte à essayer d’voir tout le monde question de leur offrir nos meilleurs voeux pour l’année à venir. Puis à l’adolescence, tu suis moins. Les cousins-cousines ont des chums, sont plus là, tu dois manger avec les adultes, moins cool, bye. Maintenant tout est bien différent. Le temps a eu comme effet d’éloigner certaines personnes, les astinages ont pris place pis ont fait en sorte que certains se boudent, sachant maintenant plus trop pourquoi ça a commencé. Depuis que Maman est malade, les fêtes sont pas mal plus molo. Cependant les deux dernières années étaient remplies de petites sorties et de soupers rassembleurs. M’man prenait du mieux, voulait voir du monde, ça y fesait du bien, revenait pas trop tard, voilà que c’était fini.

Cette année, avec l’arrêt post-opératoire de Papa, on savait que ce serait tranquille. 4 semaines à rester à la maison, y’avait pas moyen d’espérer un rigodon. C’que j’savais pas, c’est que l’état de ma mère se détériorerait au point d’être au lit une partie de Décembre. À vrai dire, après avoir dernièrement recommencé la chimio pour une deuxième fois, le 27 décembre je revoyais ma mère n’avoir plus un poil sur le coco et en être à boute de recommencer tout ça ; Joyeux Noël.

Tsé, on dit souvent qu’il faut apprécier c’qu’on a parce que c’est pas tout le monde qui ont la chance d’avoir ça. Drôlement, y’a quelques années quand j’entendais ça, je pensais à des gens démunis, des gens qui manquait de bouffe sur la table, des gens qui avait pas toujours eu un toit sous lequel vivre. Finalement, j’me rend compte qu’être démunie, ct’un peu c’que je suis. C’est réaliser l’importance de certaines choses, de certains sentiments, quand ils ne sont plus. C’est sentir qu’on a aucun contrôle sur une situation. Situation par rapport à laquelle j’suis à boutte. C’est pénible d’être témoin d’ça pis de rien pouvoir y faire. J’me répète sans doute en disant que j’en parle pas de ces affaires là parce que j’aime pas étaler ça, pis que quêter la pitié, c’est la pire chose au monde. Sauf qu’un moment donné, faire comme si tout va bien alors qu’en dedans ça te tiraille, y’a comme des limites. Faque j’écris, parce que j’ai du mal à parler, c’est tout. J’écris aussi parce que je réalise beaucoup de choses et que j’espère que d’autres réaliseront la chance qu’ils ont.

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Hier soir, à la veille du nouvel an, ma meilleure amie m’a invité chez elle alors qu’elle recevait la famille. J’ai mis mon cellulaire de coté, j’ai rencontré des gens heureux de se voir, j’ai joué aux cartes avec une mamie adorable, j’ai passé un beau moment. Une belle soirée à apprécier quelque chose qui m’était offert, sans artifices, sans besoin de paraître. J’ai eu des conversations avec des personnes qui étaient vraiment à l’écoute et même chose pour moi. Ce décompte au milieu de gens à qui je tenais, fut le moment le plus festif et familial de ce que j’ai pu avoir pour les fêtes cette année.
Quand vous avez vos membres près de vous, chérissez le fait qu’ils soient en santé, qu’ils soient all smiles. Chérissez vos moments en famille, les festivités avec de la tourtière au pied carré pis des risques de faire du diabète suite à toutes les desserts que vous avez gobé. Laissez de côté votre égoïsme de sortir de votre routine. Laissez de coté votre cellulaire pour montrer à tout le monde que vous avez pop du champagne à 60 piastres. Laissez de côté votre impatience quand votre petite cousine voudra vous faire des peignures. Oubliez surtout pas, c’est une fois par année, pis vous, vous avez la chance de vivre ça.

xxx

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