Instagram, c’est fini.

De ce que je me souvienne, quand j’ai téléchargé l’application il y a quoi, 6 ans, je l’utilisais d’une façon à partager des instants bien simples de mon quotidien. Rien de très liché, des trucs bien ordinaires. De mes souvenirs, j’ai osé partager fièrement une image de mon nouveau tatouage YOLO dans le dos. [ bon, c’était avant même que cette expression devienne un flop – je l’ai fais enlever depuis. ça reste un gros lol, je sais. ]  Aimant écrire et partager des parcelles de ma vie à travers des articles et des petites publications, Instagram venait concilier mon amour pour la photo, ainsi que ma curiosité à découvrir de nouvelles personnes. J’aime communiquer et connecter, on ne pourra jamais me reprocher le contraire. Grâce à une seule application où j’exhibais mes sushis favoris ou mes nouveaux blush, j’aurai eu la chance de rencontrer de merveilleuses personnes, que j’ai encore la chance de côtoyer ou du moins, jaser un brin temps en temps.

Entre temps, j’ai lancé Classy Lipstick et la base d’abonné(e)s s’est mise à grandir et grandir. J’vous comprends, j’suis tellement interessante. -LOL-. Joke, j’ai jamais réellement compris le pourquoi les gens avait vraiment accroché au tout début. Encore timide à l’époque, j’étais une fille qui parlais maquillage et vernis à ongles, je n’avais rien de plus que personne.

J’ai jamais été trop show off, mais j’ai commencé à apprécier prendre des images un peu plus jolies. J’ai commencé à aimer partager mes looks, réalisant qu’avec les années, mon style avait changé et plusieurs filles se reconnaissaient dans celui-ci ou aimaient s’en inspirer. Plus le temps passait, plus les clichés étaient publiés, plus les abonnés s’accumulaient. J’me souviens que quand j’ai atteint le 10K abonnés, c’est là que les gens du coin ont commencé à me prendre un peu plus au sérieux. Vous comprendrez qu’ici, même si on dirait que j’me répète telle une mémère, faut vous rappelez que les gens de région aiment ça ridiculiser ce qu’ils ne connaissent pas ou simplement mépriser pour le plaisir. Plate à dire, mais le 10K a fait du bien au moral, j’avais maintenant la paix concernant ce que je fesais.

Quelques années plus tard, mon application favorite a été délogée. C’est fini, je l’aime pu autant. Bien que je prends encore plaisir à prendre de jolies images et partager ma petite vie plate, j’suis tannée de continuer à me voiler les yeux. Instagram est rendu un vrai shit show, voilà, c’est dit.

Des dernières années, Instagram a créé des emplois. J’suis parmi celles qui peuvent effectivement dire qu’elles font du contenu payant en travaillant sur des collaborations avec des  brands ou autres. C’est cool oui, mais j’aime être transparente et me souvenir qu’à la base, j’suis pas un botin de pages jaunes. C’est facile et payant, mais souvent si peu authentique, que je préfère travailler plus fort sur d’autre chose avec ma business que de faire 3-4 flatlay qu’on oubliera d’ici quelques jours.

Sachant qu’il est possible d’utiliser sa plate-forme comme un moyen de revenu, la célébrité instantanée est la chose la plus désirée des temps qui court. Que ce soit par l’envie de participer à une télé-réalité ou encore en commentant les publications de toutes et tous avec ardeur, ne soyez également pas surpris de voir quelqu’un dépenser ses bidous pour se former une fausse auditoire, question de flouer les compagnies. Chérie, avec tes 180K abonnés ne justifiant pas tes 600 likes par photo et ta non-présence dans les événements de Montréal, we know about you. You’re a fraud. Pas besoin d’être mathématicienne pour faire le calcul. Makes no sens. Je sais, l’algorithme fait suer tout le monde. L’application qui d’elle même met des bâtons dans les roues de ses utilisateurs, en aura fait faire des belles à certains et certaines. Pour être vu d’avantage, des fausses amitiés se crée question d’être spotted avec une telle qui a plus de followers, espérant que ceux-ci décident de suivre le nouvel entourage. On peut aussi mentionner le faux intérêt des réponses suite à une question qui vous invite à répondre sous le post. LOL, si c’est pas une question de suggestions Netflix, vient vraiment me dire que ça te shake que ma saveur favorite de crème glacée c’est Oréo. À moins que tu travailles pour Services Canada, les sondages du genre, j’y crois pas.

On peut aussi parler de la vague de micro-influenceurs, des comptes à moins de 10K abonnées, avec de beaux feeds et de très belles photos. J’ai plusieurs amis ayant des superbes plateformes catégorisés comme micro, eux aussi travaillent forts, et ils sont très interessants pour les compagnies. Seul bémol, j’ai un frisson qui me traverse la colonne quand j’suis assise au bar et que j’entends une mademoiselle ayant plus ou moins 5K abonnés proclamer en recevant sa facture “Ça se peux-tu, y’a des restos qui m’invitent pis j’dois payer pour ça.” Minou, prends ton gaz égale pis apprends à vivre. T’es pas la queen du hood parce que depuis 20 minutes les petites aiment tes outfit du Dynamite. Ça me rend tellement mad, parce qu’après des démonstrations de ce genre, c’est facile de mettre tout le monde dans le même panier. C’est facile de faire passer les médias non-trad comme de simples influenceurs non-professionnels et arrogants. C’est l’internet, t’es pas sensé perdre tes bonnes manières en gagnant des abonnés, on se calme okay. Merci.

N’étant qu’une utilisatrice parmi tant d’autres, je trouve aussi qu’il est difficile de stand out dans cette grande marre de gens. En scrollant le feed, je m’appercois que malgré tant d’efforts à faire changer les mentalités sur le body positivism et les standards de beauté, c’est maintenant retour à la case départ. Ne jugeant pas les procédures de beauté, comme les chirurgies ou autres, on dirait simplement qu’il est maintenant rare de voir des visages différents. Lèvres ultra-pulpeuses, cils extra fournis (des portes de garages feraient pareil), sourcils extra sculptés, tout le monde se ressemble. Ct’à croire que plusieurs filles sont cousines avec Kylie Jenner sans même le savoir. C’est sans parler du facetuning utilisé sans modération. J’te parle pas de s’effacer un bouton ou d’se blanchir les dents. J’te parle de creuser son visage, s’inventer un gap, s’amincir une taille à la Kim K ou se lisser la face comme si on y’avait fait une job de plâtre. Elle est là la différence, tout est rendu tellement superficiel, que ça rend du monde malade. C’est pas normal qu’on pogne un 2 minutes en voyant quelqu’un dans la vraie vie tellement elle diffère de certaines de ses photos. C’est plus que malsain. C’est pas normal non plus que je sois obligée de faire des publications telles que celle-ci pour donner un petit réalité check, pis que je me fais quand même féliciter sur ma “nouvelle” shape, malgré mon garde-robe qui semble être sa brosse.

Le pire là dedans, c’est que certaines filles en jalousent d’autres pour leur corps, etc… Corps retapés à coups de clics, ouais. Avant, on était consommatrices averties en visualisant ces retouches dans le Vogue ou le Cosmpolitan, mais maintenant ça peut être ton amie ou ta voisine qui te fait complexer sur du faux.

Pis là, j’vous vois déjà au loin avec vos sacs de roches, prêt(e)s à m’tirer ça direct au visage ” T’es pas bin mieux, les filtres, pis toutes tes selfies…” Malgré le fait que j’utilise le filtre Sahara parce que j’trouve que ça ensoleille mes portraits, crée moi, j’ai pas un désert qui me suit dans le cul à longueur de journée. Faut en prendre pis en laisser. Mon feed fit pas, jm’en fou. J’assume le chaos des photos qui se suivent pas, pis même celles qui ont pas tant que like, parce que c’est ma plateforme, que j’ai l’droit pis que ça me tente. J’me suis toujours servie d’insta pour faire passer des messages, pour essayer de changer les choses, parce que ça m’amenait une belle audience pis que j’avais l’impression de parler un peu plus fort. J’ai reçu des dizaines de dm me disant que j’avais changé des façons de voir la vie. Des filles boulimiques qui, après avoir vu moi, la petite toutoune vivant sa vie pleinement, ont décidées de se prendre en main. Des filles qui osait pas se pointer à la plage parce que selon elles, se baigner, c’était juste pour les filles qui portent du small, ont décidées que c’était assez de suffoquer l’été, après avoir vu mes bombes dans le lac, en boomerang. D’autant pour la fille parfaite qui a toujours voulu faire tout pour plaire, pis qui finalement s’est rendue malade en voulant trop, elle aussi m’a déjà écris, pour me dire merci, parce que, ce je que je partageais sur ces petits carreaux imagés était authentique pis si simple. L’authenticité, moins réputée qu’un thé amaigrissant, payera jamais mon hydro pis mon loyer, mais crois-moi, ça restera toujours ma plus belle valeur.

Sur ce,
CODE PROMO : AUTHENTICITY2018 pour rien de gratuit, mais juste rire un peu davantage. 
BYE.

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